Aidez vos abeilles contre les frelons…

Aidez vos abeilles contre les frelons…

L’automne…aï!
Les attaques de frelons se multiplient. Ils ont pris de l’assurance et les nids de l’ampleur…Toujours aussi bien cachés, indétectables, enfouis dans les plus hautes cimes. La chute future des feuilles nous fera dire;
-Tiens, regardes, il était là, à quelques centaines de mètres du rucher…

Ce matin encore j’ai été admirer les vols d’artifices des jeunes abeilles qui auront la lourde responsabilité d’aborder les futurs travaux printaniers. Ce seront d’elles en partie que dépendront les réussites ou les échecs du printemps à venir.
On voudrait les protéger, on voudrait faire que cet hiver qui pointe le nez soit un vrai moment de repos et de sécurité pour elles.
Mais le bourdonnement caractéristique des frelons en chasse nous rappelle très vite à la réalité.
Quoi de plus facile pour eux que de puiser leur butin dans ce vol d’artifice? La ruche est un distributeur automatique de gibier d’élevage. Ils arrivent au ras de terre, monte brusquement dans le vol plein d’innocence des jeunes abeilles, se saisissent d’une proie et repartent lourdement faire leur œuvre de dépeceur sur une branche à quelques mètres de là…
Voilà, c’est simple.
Seulement la colonie attaquée, elle, perd à chaque attaque une cellule vivante d’avenir, une once d’énergie qui sera à décompter pour l’hivernage. Sans compter le sentiment d’impuissance pour l’apiculteur qui à chaque agression sent monter en lui la frustration de ne rien pouvoir faire pour contrer ces agressions. La rage!
Tout de même, il y a un petit quelque chose que cet apiculteur peut faire. Non pas pour régler le problème « du frelons asiatique » de façon définitive. La localisation, puis la destruction des nids de frelons reste un problème majeur face à l’espoir d’éradication de cette espèce invasive. Et même, chacun y allant de son action personnelle pour la destruction des mères fécondes au printemps et en automne, l’invasion à mon avis n’est pas prête de perdre en expansion.
Ce petit « quelque chose » ne s’adresse bien sur qu’à ceux qui ne possèdent que quelques ruches à proximité de chez eux.
Il faut pouvoir avec facilité se rendre sur place et ne pas posséder plus d’une dizaine de ruches. Au delà…la chose prendrait trop de temps.
Les frelons asiatiques semblent ne pas fonctionner au hasard dans leurs attaques. Un certain nombre, semblent, aprés avoir découvert une manne de gibier (une ruche, un rucher…), s’y attacher avec une obstination morbide.
Ils partent du nid, attaquent la ruche ou les ruches qu’ils connaissent, dépècent, reviennent au nid. Et ainsi de suite.
Éliminer ces frelons dans la mesure du possible, permet aussi d’éliminer cette chaîne de carnage bien établie et réglée au quart de poil…
C’est ce que j’ai entrepris de faire depuis quelque temps.
Qu’ai je constater;
Mes ruches qui sont attaquées par environ une dizaine de frelons à l’heure, bénéficient après élimination des frelons (si l’élimination se fait le matin) d’une journée relativement tranquille. La réappropriation du terrain par les frelons se refait progressivement en deux-trois jours. Même si le problème n’est pas résolu, reste que cela sauve la vie d’un sacré paquet d’abeilles…
Pour éliminer les frelons j’utilise une raquette électrique renforcée (explication à la suite).
L’utilisation de cette raquette est très pratique car il suffit de toucher l’insecte pour qu’il tombe à terre. L’écrabouiller comme il le mérite n’est plus ensuite qu’un défouloir. « Défouloir » certes un peu primaire. Mais pour qui imagine dans le détail le calvaire de l’abeille; enlevée, puis découpée en morceau par le frelon pour être donnée en pâture à ses larves immondes, cela reste tout à fait humain.
Nos abeilles ont peu de moyen de défense contre les attaques de frelons. Lorsque l’attaque est extérieur à la ruche (devant la planche de vol), la seule défense est l’évitement. A bien observer il s’agit d’un véritable combat aérien chargé d’acrobaties aériennes d’où les abeilles d’ailleurs se tirent fort bien. Mais il suffira d’une butineuse fatiguée ou alourdie par le poids de ses pelotes de pollen, donc moins agile, pour offrir la victoire au pirate.
Par contre, l’attaque directement sur la planche de vol, même si plus rare, donne des atouts aux abeilles.
La rapidité de réaction des gardiennes est spectaculaire; Le but semble être de fixer l’intrus au sol afin de permettre à un maximum d’abeilles de se précipiter sur lui jusqu’à faire une énorme boule grouillante, offensive, tueuse.
Mais jouer du dard n’est pas joué. Pas contre le frelon asiatique. Il semble qu’aucune faille ne soit pénétrable dans son armure. Les abeilles vont tenter de l’étouffer, de l’asphyxier, de le surchauffer…Pour quel résultat…? La mort? la fuite?
J’aimerais le constater, mais je n’en ai encore jamais eu l’occasion.
Toujours est-il que parfois je me plais à saisir un frelon (un peu estropié) et à le livrer en guise d’entraînement à mes abeilles (voir vidéo).
Ne riez pas, j’ai l’impression de faire bien.

Comment préparer une raquette électrique de qualité minable en véritable arme de guerre.
Vous l’avez sans doute remarqué la qualité des raquettes électriques, bien que trés efficace dans le principe, n’en reste pas moins plus que douteuse en matière de montage.
Casse du cerclage plastique des rayons aprés un choc moyennement violent, chute des rayons après une petite torsion du cerclage, manche fendu-irréparable après un coup un peu violent contre l’armoire, connecteur de la pile en perdition dans le manche après chute de la raquette….
Bref, juste un petit énervement de quelques secondes après un mouche, et votre raquette ne peux plus vous assurer la victoire à Wimbledon…
Alors voilà quoi faire pour que votre investissement de 12€ à la quincaillerie du coin dur des années.

Materiel; Un pistolet de colle à chaud et du ruban adhésif.

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Raquette classique, pas chère, pas solide.

 

 

 

 

 

 

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A l’aide du pistolet, encollez largement le pourtour intérieur du cerclage qui maintient les rayons. De chaque côtés.
Démontez la trappe de pile. Ôtez la pile. Il y a un vide entre le fond du manche et le contacteur de la pile. Vous le remplissez de colle. Attendez que la colle durcisse. Remettez la pile et refermez la trappe.

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A l’aide du ruban adhésif passez quatre à cinq épaisseurs entre la base du cerclage et la moitié du manche. Vous ferez de même avec l’extrémité du manche en passant sur la trappe de pile.

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Votre raquette est maintenant indestructible…

2 Responses »

  1. Bonjour,

    Je me posais une question: vous avez trouvé des méthodes pour les frelons asiatiques, mais pour le varroa, que faites-vous ?
    Bonne continuation à vous et beau printemps !
    Morgane

    • « …trouvé une méthode contre les frelons asiatiques »!…Pas vraiment! Ce que j’expose dans cet article n’est pas grand chose face aux dégâts qu’occasionnent ces bestioles. Cela permet juste une égratignure qui ne résout pas vraiment le problème. mais au moins on a l’impression de faire quelque chose.
      Concernant le « Varroa » c’est encore autre chose. Depuis plus de 35 ans, dans le petit monde apicole c’est la panique. Au niveau mondial, rien n’a été trouvé pour endiguer l’infestation. Les traitements vont du chimique pur à la poudre de « perlinpimpim ». Chacun y allant en fonction de ses sensibilités propres; les écoloshuiles essentielles-homéo, -les petits-chimistes,amitraze-thymol-oxalique…, les magiciens, cuivre-aimant-poudre de perlinpimpim, les joueurs de poke, pas-de-traitement-confiance-en-la-nature…etc…etc…
      Voilà, tout ça créant des castes dans le monde apicole, castes qui s’opposent, se dénigrent et se détestent la plus part du temps. Les uns accusant les autres d’incompétences, les autres accusant les uns d’inconscients dangereux et tout ça parce qu’en fait personne, absolument personne n’est parvenu à sortir nos abeilles définitivement de cette infestation parasitaire.
      De mon côté je pense avoir utilisé toutes les méthodes; les unes parce que j’avais vraiment peur de perdre des colonies hyper précieuses pour moi, une autre par expérience et espoir, une autre encore parce que son principe me paraissait parfaitement logique…Bref, de toute, aucune n’n’a soulagé mes colonies, et cela définitivement de l’infestation. Donc une méthode, je n’en ai pas. J’ai de quoi soulager, j’ai de quoi rendre plus viable, j’ai de quoi limiter…mais cela s’arrète là. Et je ne pense pas qu’un seul apiculteur aujourd’hui puisse dire; Pour moi, le varroa c’est fini grace à ma méthode…!

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